Pourquoi les Français sont-ils devenus de petits animaux craintifs?

Devant les pharmacies, des queues d’attente pour les tests.

Le gouvernement a encore changé les règles : passe sanitaire avec deux doses, puis avec trois ; validité du passe réduite à six mois, puis cinq, puis quatre ; passe sanitaire devenant passe vaccinal c’est-à-dire document à durée illimitée ; obligation de la 3e dose aux personnes de plus de 65 ans, puis de plus de 18 ans…

Le but de cette violence dans les injonctions est de briser toute résistance, de modifier les comportements et les personnalités, de maintenir un contrôle absolu sur la grande majorité de la population. Le socle du quotidien, le contrôle de l’avenir proche est anéanti. Il faut donner à l’individu la sensation de se mouvoir dans des sables mouvants qui peuvent l’engloutir à la moindre désobéissance. Les Français ont été transformés en petits animaux craintifs, épuisés, sans aucune velléité de révolte.

Un plan cohérent conduit sur trois axes.

 

Le premier a été d’imposer un comportement infantile à la population : rédiger pour soi-même une autorisation de sortie, se masquer en extérieur dans des rues désertes ou sur un sentier côtier en plein vent, ne pas s’éloigner à plus d’un kilomètre de chez soi. Le contrôle pointilleux des forces de l’ordre visait à transformer les citoyens en enfants dociles et, à terme, à désintégrer leur amour-propre. Aujourd’hui, il s’agit d’encourager les vaccinés ayant apprécié leur dose de rappel à reprocher aux autres (surtout aux non vaccinés) d’être les uniques responsables de leurs désagréments. Ils n’ont pas eu l’attitude adéquate, c’est bien fait pour eux. Des comportements de cour de récréation pour ne pas voir l’insupportable de la situation.

 

Deuxième axe : détruire toute possibilité de prévoir l’avenir et donc de s’y préparer. Un environnement imprévisible fragilise. L’individu dissocié de son quotidien n’a guère de choix. Il lui est presque impossible de ne pas coopérer avec les autorités sauf, peut-être, s’il est un retraité en bonne santé et sans désir particulier de retrouvailles familiales. Pour les autres, tout refus signifie pas d’accès à l’école, à son travail, aux soins, pas de voyage, sans parler des loisirs.

 

Dernier axe : envoûter la population par la peur de la maladie et de la mort. Peur dont se moquent parfois ouvertement les responsables politiques en faisant des fiestas à l’Élysée ou des dîners à la table d’un ministre. Les Français sont privés par la peur (“le couard pense avec ses jambes” – Ambrose Pierce) de la faculté d’analyse de la situation. Aucune réflexion sur la politique du gouvernement qui, par exemple, n’a pas créé un lit de réanimation supplémentaire en deux ans de crise pandémique. La presse est la complice absolue de cette stratégie de l’annihilation du raisonnement par la terreur. Exemples en une du Télégramme de Brest du 16 décembre : « Marcel Meys, le doyen des Français, est mort de la covid à 112 ans » (à cet âge, le décès ne semble pourtant pas la cause première d’une disparition), « Un vaccin anti-covid doit être administré à tous les 5-11 ans à partir de lundi » (la transformation d’une question en phrase affirmative est-il innocent ?). Mensonge, omission, amalgame, la recette de la presse française.

La peur a également diffusé quand il a été ordonné de couper les personnes âgées des Ehpad du monde extérieur et d’affaiblir de cette façon le lien avec les familles. Cette stratégie a favorisé le syndrome de glissement. Le décès en Ehpad était aussitôt étiquetée “covid”. La peur et la culpabilité des familles n’en était que fortifiée. La société tremblait.

 

La peur théorisée par le gouvernement a étouffé la réaction des Français contre la tyrannie sanitaire. Et la situation qui se prolonge amoindrit la volonté de résistance et l’énergie nécessaire pour alimenter celle-ci. Plus l’on tarde à agir, moins on est capable de s’opposer aux diktats gouvernementaux.

Une fois commencée, il est presque impossible de stopper la contagion de la soumission. L’individu se désagrège et malgré de bonnes intentions demeure coi face au pouvoir. Il disparaît dans une masse malléable. Les rares récalcitrants – faux passes sanitaires – sont réprimés sous l’œil des caméras. Les obéissants sont récompensés comme ce type se vantant d’avoir devancé le rappel de sa 3e dose filmé comme un bon élève à une remise des prix de fin d’année. Les obéissants anticipent les ordres de l’État : ils envoient Papi et Mamie manger la bûche dans la cuisine, garde le masque quand ils sont seuls au volant de leur voiture, dénoncent les récalcitrants, se font tester avant le réveillon. Ils ne seront pas plus de quatre avec la dinde et ouvriront les fenêtres dix minutes par heure.

 

Plus la tyrannie est absolue, plus le sujet désire s’intégrer à la puissance tyrannique tout en niant l’existence de cette dernière. Il prétend, pour ne pas voir la souillure de sa dignité, que tout ce qu’il fait, il le fait en conscience, pour le Bien, pour se protéger et protéger les autres. Parce qu’il croit aux vaccins à 200%.

 

Nous sommes depuis bientôt deux ans dans une dystopie. La mainmise du pouvoir sur notre indépendance, sur notre autonomie, sur nos libertés à la fois physiques et intellectuelles devrait entraîner la conclusion que nous sommes sous une tyrannie. Et pourtant…

Le point de non-retour a-t-il été franchi ?

Les Français se sont-ils donc tant avilis qu’ils ne peuvent plus penser la résistance que comme un complotisme ?

Marcus Graven

 

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