L’idée très conne du sous-directeur de l’hôpital de Brive

Comme le marché de Brive La Gaillarde, l’hôpital de cette ville mérite quelques vers d’une chanson. Cette fois, le texte ne s’en prendrait pas aux cognes mais au sous-directeur du centre hospitalier, un ancien socialiste proche de Hollande reconverti en LR, Michel da Cunha.

En pleine pandémie, alors que l’hôpital de Brive a décrété le plan blanc – plan qui permet de mobiliser tout le personnel d’un centre hospitalier pour faire face à une situation d’urgence et voit la déprogrammation des interventions  – Michel da Cunha a eu l’idée pour distraire le personnel de faire entrer des comédiens jouant les patients dans six services de l’établissement briviste.

Le Brive Comédie Club s’est déroulé du 15 au 25 décembre. Si les chefs de service et les cadres étaient au courant, pas les infirmières, ni les aides-soignants, ni les agents de service. Ils jouaient dans une pièce sans le savoir. Monsieur da Cunha voulait les tester.

Ces comédiens, en bons professionnels, ont parfaitement réussi à pousser à bout des soignants depuis des mois sous tension.

Faisant perdre leur temps aux infirmières. L’un semant la zizanie dans les couloirs, simulant des troubles sévères, s’en est pris à une secrétaire qui a été secourue par un infirmier, puis un médecin a dû abréger sa consultation pour venir en aide à l’infirmier. La performance de l’artiste a mobilisé des agents de sécurité qui ont contacté les forces de l’ordre pour vérifier si l’homme qui mettait le chaos dans l’hôpital n’était pas recherché.

« C’est une perte de temps. C’est regrettable, lamentable, minable d’agir ainsi » résume parfaitement, Jean-Pierre Salès, le responsable CFDT.

 

Il faut être très con et très arrogant pour avoir ce genre d’idée.

Mais monsieur da Cunha ne voit pas où est le problème. L’objectif est de « s’améliorer ». D’obtenir « la certification Experts visiteurs ». D’ailleurs, précise-t-il, en grande majorité les relations entre les comédiens et les agents se sont bien passées. On n’est pas obligé de le croire.

« Les retours négatifs (…) sont massifs. La majorité des soignants est écœuré. C’est un manque de confiance. La rupture est là » selon Jean-Pierre Salès.

 

Michel da Cunha a prévu une expérience similaire en janvier-février 2022.

Monsieur da Cunha demandez plutôt aux vrais patients ce qu’ils pensent de l’hôpital.

Ce qu’ils pensent des services débordés, des infirmières prises pour des pions passant du service de psychiatrie au service cancérologie pour finir aux soins intensifs, des services d’urgence fermés, du détricotage systématique du maillage territorial.

Ce qu’ils pensent des gestionnaires qui saccagent les hôpitaux depuis des dizaines d’années à coups de tableurs Excel.

 

Et si l’on remplaçait Michel da Cunha par un comédien, le personnel du centre hospitalier de Brive s’en rendrait-il compte ?

Peut-être même que l’hôpital fonctionnerait mieux.

 

Comme l’écrit le docteur Gérald Kierzek, « Einstein disait :“On ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont créés” ».

Marcus Graven

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