Les sorcières sont de retour et ce n’est pas pour notre bien

Sandrine Rousseau, l’écoféministe (qui sera peut-être la) représentante des Verts à la prochaine présidentielle, celle qui est « hyper heureuse » de vivre avec un homme déconstruit, celle qui prône la démobilité, autre nom de la disparition totale des véhicules, celle dont les troupes écoféministes promènent dans les manifestations des slogans dignes d’intérêt : « Léchez des clitos, pas le cul de Monsanto », « Enculez-nous, pas le climat », « Ma planète, ma chatte, sauvons les zones humides », préfère « des femmes qui jettent des sorts plutôt que des hommes qui construisent des EPR ».

En clair, Sandrine Rousseau aime les sorcières, pas les ingénieurs.

En 2019, elle avait lancé avec Coralie Miller une tribune signée par près de 200 femmes pour réhabiliter la sorcière, symbole féministe. Parmi les signataires, Marlène Schiappa, Charlotte Gainsbourg, Muriel Robin, Inna Shevchenko. Pas vraiment des sorcières bien-aimées.

« La sorcière met au jour ce qui chez les femmes est censé rester caché, au risque de devenir incontrôlable et destructeur : la sexualité et le pouvoir » peut-on lire dans cette tribune. Le balai, outil de la servilité féminine dans le ménage, est un symbole phallique entre les cuisses des sorcières, une sorte de godemichet qui évite le contact du mâle.

Les sorcières y sont décrites comme « les actrices parfois involontaires d’une des luttes les plus longues de l’humanité : celle pour l’égalité et le droit des femmes ». La tribune dénonce le système misogyne incarné par la chasse aux sorcières.

 

Nous aurions tort de ricaner de ce retour de la sorcière. Les jeunes filles, depuis leur lecture assidue de l’œuvre de J.K Rowling, sont sensibles à ce personnage féminin. Elles regardent Sabrina l’apprentie sorcière sur Netflix et se font à l’idée d’en être.

 

Après avoir lu tous les Harry Potter et regarder Sabrina, les plus âgées lisent maintenant une fan de la sorcellerie féminine, Mona Chollet, journaliste pour Le Monde Diplomatique  et auteur de Sorcières. La puissance invaincue des femmes, et Kristen J. Sollée, une Américaine qui a signé Sorcières, salopes et féministes.

L’une comme pour l’autre appuient donc leur écoféminisme derrière la figure de la sorcière.

 

Mona Chollet fait de ces femmes chassées parce que diaboliques du XVIe au XIXe siècle, des êtres qui pensent si différemment du masculin que l’Église et les hommes leur vouèrent une haine mortelle.

Refusant la pression du mariage hétérosexuel, la maternité, la domestication, selon Mona Chollet, elles étaient perçues comme des ennemies de la société patriarcale et donc à éliminer.

Pour Kristen J. Sollée la chasse aux sorcières d’antan révèle « les origines brutales du sexisme auquel les femmes sont toujours confrontées aujourd’hui. »

De la sorcière conduite au bûcher à la femme tuée par un homme blanc du XXIe, « cela porte un nom, aujourd’hui sur toutes les lèvres : féminicides », disent les écoféministes.

 

« S’autoriser à être une sorcière : c’est se recentrer, s’autoriser à être soi-même la source de son salut, puiser ses ressources en soi, au lieu de s’en remettre toujours à des figures masculines légitimes et providentielles », écrit Mona Chollet.

Chaque femme est une sorcière en puissance.

Et ce discours plaît.

Ne ricanons pas.

Derrière Sandrine Rousseau, les jeunes filles envisagent de nous faire Halloween toute l’année.

Elles se foutent de Marie Curie et vantent les caprices de Greta Thunberg, elles adorent la Nature des ronces et des orties et diabolisent le Nucléaire, elles jettent des sorts sur la Recherche et envoient des grigris protecteurs à la Déraison.

 

Ne pas se moquer de Sandrine Rousseau.

Flambe peut-être en elle notre régression proche, le triomphe d’un monde obscur de croyances et formules « magiques » qui nous emmènera à notre perte.

Quand l’irrationnel triomphe, le matin des sorcières ouvre sur l’enfer.

 

Marcus Graven

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