Zemmour, vite un programme pour redonner espoir aux Français

Je viens de recevoir le livre de Zemmour.

Je soutiendrai Éric Zemmour s’il se présente à la prochaine présidentielle mais, comme lui l’est envers Marine Le Pen, lors de leur rencontre dans un appartement du VIIe arrondissement de Paris, je tiens depuis ma modeste position, sans animosité, à être franc et non zemmouridolâtre.

Quand Marine Le Pen lui dit : « Tu es un idéologue. En politique, il faut aimer les gens », quelle est sa réponse ? « J’aime les idées, et je mène la bataille des idées que personne ne mène dans notre camp ; mais je ne suis pas un idéologue, au contraire, je pars toujours des réalités. Et puis, tu crois vraiment que de Gaulle les aimait, les gens ? Il aimait la France oui, pas les Français. »

Tout idéologue croit partir de la réalité. Ce qui me dérange, c’est le fait de déifier la France et de considérer les Français comme des personnages de plomb dans le décor bien sombre de notre époque.

À peine sorti de son emballage Amazon (j’y achète la plupart des livres pour éviter ceci : https://www.huffingtonpost.fr/entry/livre-eric-zemmour-cette-librairie-reverse-les-recettes-association-aide-aux-refugies_fr_6144b069e4b0d808bf288ee3

j’ai ouvert au hasard  La France n’a pas dit son dernier mot. Je tombe sur le passage intitulé La France coupable, 17 février 2017. Maurice Papon et sa condamnation.

Pourquoi remettre sur la table l’histoire de ce secrétaire général de la préfecture de Gironde nommé en 1942 ?

Éric devra choisir : soit il se veut historien – ses ennemis disent polémiste – et alors il donne sa version du personnage Papon : un homme qui méritait sa Légion d’honneur.

L’argument, « Si Vichy était un régime infamant, pourquoi avoir gardé ses fonctionnaires ? » en 1945, me paraît un peu faible. Et Éric Zemmour connaît la réponse : sinon la France se brisait. Bush, moins intelligent que de Gaulle, jeta tous les fonctionnaires irakiens qui avaient travaillé dans l’administration de Saddam Hussein, et on a vu le résultat.

Soit il est candidat à la présidence de la République, alors il laisse Papon au fond de sa tombe.

Éric Zemmour analyse que le procès et la condamnation de Papon ont profité à l’Allemagne qui n’est plus seule face aux démons du nazisme. Fine analyse certainement, mais incompréhensible pour la majorité de la population.

Phénomènes identiques avec les enfants juifs assassinés par Merah enterrés en Israël alors que la famille du bourreau demandait que celui-ci soit inhumé en Algérie.

« La famille de Mohamed Merah a demandé à l’enterrer sur la terre de ses ancêtres en Algérie. On a su aussi que les enfants juifs assassinés devant l’école confessionnelle à Toulouse seraient, eux, enterrés en Israël. Les anthropologues nous ont enseigné qu’on était du pays où on est enterré. (…) Assassins ou innocents, bourreaux ou victimes, ennemis ou amis, ils voulaient bien vivre en France, “faire de la garbure” en France ou autre chose, mais pour ce qui est de laisser leurs os, ils ne choisissaient surtout pas la France, étrangers avant tout et voulant le rester par-delà la mort », peut-on lire dans La France n’a pas dit son dernier mot.

Sauf que les autorités algériennes ont refusé la venue de la dépouille de Merah. Il est enterré sur le sol français, près de Toulouse.

Et la meute de Xavier Bertrand à Franck Touboul, président du Crif Midi-Pyrénées d’aboyer leur indignation. « Le fait qu’Éric Zemmour s’érige en juge pour savoir qui est un bon Français et qui ne l’est pas, est à la fois une insulte à notre intelligence collective et le témoignage d’une très grande arrogance de sa part », dit Touboul.

Voilà encore une polémique inutile. Elle pollue le débat et n’apporte rien.

Quant à celle sur les prénoms français (là encore quelques ajustements historiques sont nécessaires : la loi 11 Germinal an XI, ou plus simplement du 1er avril 1803, « relative aux prénoms et aux changements de noms » ne faisait aucune référence aux prénoms uniquement chrétiens mais aux « noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne, [qui] pourront seuls être reçus comme prénoms sur les registres de l’état civil destinés à constater la naissance des enfants ; et il est interdit aux officiels publics d’en admettre aucun autre dans leurs actes. »), elle est utilisée à chaque prise de parole des anti-Zemmour. Que celui-ci soit présent ou pas sur le plateau de télévision. La fausse indignation fonctionne, elle est mise en spectacle. Mais, dans le réel que Zemmour n’est pas le seul à voir et à accepter de voir, le prénom est un symptôme, pas une caractéristique essentielle.

Comme l’écrit Céline Pina dans Front Populaire : « On peut très bien s’appeler Hala et être une pure républicaine et une enfant des Lumières et de la laïcité, c’est le cas d’une amie qui m’est très chère. On peut s’appeler Abdoulaye et porter haut une certaine idée de la police républicaine, comme Abdoulaye Kanté. On peut très bien s’appeler Françoise comme Françoise Vergès et n’avoir que du venin à répandre quand il est question de la France. On peut très bien s’appeler Joseph Darnand et être le chef d’une milice au service de la Gestapo pendant la Deuxième Guerre mondiale, tandis que Missak Manouchian choisit, lui, la résistance et le paya de sa vie. »

Certes le choix d’un prénom témoigne. J’ai choisi pour ma fille un prénom grec pour nos racines européennes, d’autres des prénoms de la mondialisation télévisée des feuilletons, d’autres encore des prénoms d’hommes et de femmes dont ils vénèrent les œuvres…

Je cite encore Céline Pina : « La racine du mal est profonde et la vraie question ne se résoudra pas par l’imposition d’un prénom, mais par l’exigence du respect de nos principes, mœurs et idéaux pour pouvoir inscrire sa vie dans ce pays. Le fait qu’à la troisième génération, il y ait si peu de prénoms francisés dans certaines communautés est certes un des révélateurs du travail de séparatisme réalisé par l’islam politique. Mais ce n’est certainement pas en se focalisant sur les prénoms que ces questions seront résolues, Éric Zemmour confond ici le thermomètre et la fièvre. Au risque d’oublier que pas plus qu’une couleur de peau, le prénom ne saurait définir l’individu qui le porte. S’il peut être un symptôme ou un outil statistique, il n’est pas un déterminant. Il oublie surtout que la seule réponse n’est pas l’interdit, mais la transmission de l’amour de notre culture et de ses idéaux. Et ce n’est pas en commençant par s’en prendre aux prénoms des personnes que l’on y arrivera. »

Pourquoi Zemmour aime-t-il tant fournir des bâtons à ses adversaires pour le frapper même si Ana-Maria Hidalgo et Hala Salamé ont changé de prénoms ?

Zemmour en campagne ne peut plus être didactique. Les politicards et leurs fidèles médias débitent un discours standardisé dont la brièveté, la clarté prétendue, la concision ne supportent aucune argumentation.

Pire, pour reprendre les mots célèbres que l’on attribue à Soljenitsyne : « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent et pourtant, ils persistent à mentir. » Pourquoi ? Parce qu’ils savent qu’ils ont le pouvoir des médias avec eux.

Pour détruire ce pouvoir, il faut en appeler non seulement à la France, mais aux Français, pas à Papon, pas aux os d’une enfant juive, pas aux prénoms.

Plus loin, Zemmour fait semblant de le reconnaître. Dans On a toujours tort d’avoir raison trop tôt, 29 juin 2015, il écrit que Charles Pasqua n’avait pas goûté son plaidoyer pour Vichy. Pierre, le fils de l’ancien ministre de l’Intérieur l’appela et avant de raccrocher lui lança : « La polémique sur Vichy, on s’en fout ! »

« Il avait raison » avoue Zemmour.

Zemmour est peut-être un artiste de la parole, il a en face de lui des manipulateurs chevronnés du langage.

Politicards, journaleux, universitaires sont des professionnels de l’amalgame. Ils associeront Zemmour au fascisme, au nazisme, à la xénophobie, à l’homophobie, au racisme sans cesse.

Les polémiques Papon, prénoms et enterrements en Israël, on s’en fout.

Il faut maintenant rendre les Français optimistes, non en leur parlant du retour à une France telle que nous l’avons connue, une France qui n’existe que dans le congélateur de notre mémoire, mais une France nouvelle tressée du passé et ayant soif de l’avenir. Celle qu’esquisse Éric Zemmour dans la conclusion de son ouvrage (remettre les juges à leur place, fin du regroupement familial, foin de l’humanisme et de la compassion envers les délinquants, arrêter la submersion migratoire, restaurer la sécurité) n’est pas suffisante.

Les semaines qui viennent nous apporteront sans doute les plans zemmouriens pour l’industrie, l’économie, le social. Un programme pour redonner espoir dans le futur aux Français. Vite.

Marcus Graven

 

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