Présidentielles : Éric, ne tombe pas dans le piège, n’y va pas !

Après avoir regardé Éric Zemmour dans les émissions On est en direct de Ruquier épaulé par Salamé et L’heure des pros de Pascal Praud, je suis convaincu que le journaliste-polémiste-écrivain ne doit pas être candidat à la prochaine présidentielle française.

À la fin de ces deux apparitions à l’antenne, un sentiment de malaise. Et une certitude, il sera laminé par le rouleau compresseur politico-médiatique.

Les hyènes ricanantes Ruquier et Salamé ont mis tout leur savoir-faire pour casser l’auteur de La France n’a pas dit son dernier mot. Et celui-ci, il le dit lui-même, est trop aimable, trop naïf face aux deux carnivores dont le rire désagréable signifie qu’ils ont trouvé une nourriture de choix.

Ce n’était pas une interview mais une dévoration.

« Mais comment savez-vous qui j’invite à ma table le soir et pourquoi j’aurais des militants gays autour de moi ? »

« Les gens parlent beaucoup vous savez », a répondu chichement Zemmour.

« C’est faux ! » et Ruquier a pris quelques kilos supplémentaires de suffisance.

« Non, ce n’est pas faux. En tout cas, c’est ce qu’on m’a raconté », s’est défendu sans grande pertinence Éric Zemmour qui a du mal à en placer une : « Si vous voulez je m’en vais, vous parlez tout seul », « Je passe mon temps à vous écouter, fallait pas m’inviter ».

Évidemment, Ruquier n’a pas raté le smash : « Ça vous change de CNews. À CNews, il n’y a personne qui vous contredit, là au moins, ça vous fait du bien. »

Les deux hyènes mordent le journaliste : on parle audience (qui a la plus grosse : Face à l’info avec Zemmour ou On est en direct), déjeuners de Zemmour avec une ribambelle de politicards et ceux biobobogays de Ruquier, mérite du réalisateur Xavier Dolan (la pédérastie donne-t-elle du génie ?).

Globalement, on s’en fout.

Éric Zemmour ne parvient pas à développer un sujet, à affiner une analyse. Les nouveaux Thénardier du PAF ne lui en laissent jamais le temps. Mais Zemmour contribue aussi à cette interview de con, en polémiquant sur toutes les boulettes que lui lancent les affreux.

Face à Pascal Praud, Zemmour prétend qu’il est nécessaire de généraliser pour comprendre un problème. Généraliser c’est se condamner à recevoir une avoinée à coups d’éléments compassionnels, de pathos, de sentiments à faire chialer Margot dans sa chaumière : il y aura toujours un gentil muzz qui aura porté le cabas de mémé, un blackos sympa escaladeur de balcon pour sauver bébé, un gay moins fofolle que les autres – et adieu l’argumentation généralisante de monsieur Z. Ça s’appelle le facteur humain et Éric Zemmour refuse de le voir.

Il est certainement trop fin, trop intellectuel pour la meute. C’est un théoricien qui a du mal à saisir que s’il a raison sur le fond, la forme compte beaucoup pour délivrer le message.

Démarrer une analyse de très loin, étaler quelques pages d’histoire de France devant soi pour parvenir au présent prend trop de temps. L’attention des téléspectateurs – pas des admirateurs – décroche. Éric Zemmour ne fait pas de la com’ – du genre « vous n’avez pas le monopole du cœur » – il tente de convaincre. Et le débat politique n’est pas une arène où s’affrontent des convictions (les politicards n’en ont pas), mais une fosse aux hyènes.

Quand il vient débattre chez Ruquier, il croit qu’il y aura un affrontement d’idées alors qu’il s’agit de le mettre en pièces.

Autre handicap, le pouvoir culturel n’est pas avec Zemmour.

Tous les chanteurs, acteurs, écrivains, metteurs en scène, cinéastes sont contre lui. Ainsi Jean-Michel Jarre trouve très beau le prénom Aziz. Il aurait dû appeler son fils ainsi, dit-il. Et Zemmour de tomber pour la énième fois dans le piège de la guerre des prénoms. Tous lui font le coup. Il faut qu’il arrête, sinon il passera son temps d’antenne décompté à répéter : « Un prénom français, c’est un prénom chrétien, cela vient d’une loi établie par Bonaparte. »

Certes, la loi 2614 du 11 germinal an XI (abolie en 1993) établissait des règles, mais pas l’obligation de choisir parmi les saints catholiques. Elle acceptait « les noms en usage dans les différents calendriers et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne ». D’où Germinal, issu du calendrier républicain, assez répandu en France entre 1795 et 1805 pour les petits garçons ou le prénom Sadi, donné par Lazare Carnot à son fils, le physicien, par admiration pour le poète persan Saadi, et repris par son petit-fils, futur président de la République.

Bien sûr, appeler son môme Mohamed (autrement dit Mahomet) est un marqueur. Mais il faudra pour éteindre ce phénomène d’islamisation de la société française que les parents n’aient plus envie de donner ce prénom à leur progéniture. Qu’ils aient le désir de s’assimiler. Et là, il y a du travail pour plusieurs Zemmour.

Il est également grand temps que Monsieur Z., s’il veut se revendiquer de De Gaulle, cesse de penser ailleurs. Parce qu’inévitablement, la meute lui ricanera au nez Maurras, Bainville et Pétain.

Éric Zemmour dans les sondages atteint 8 % – 10 % les jours de grand vent et 19 % chez L’Incorrect – qui confond peut-être lectorat et électorat.

Au mieux, il sera le 3e homme. Et cette position n’a jamais abouti à rien.

Dans la bauge politicarde, s’il obtient les 500 signatures – ce qui est loin d’être gagné – il y sera éparpillé façon puzzle par les bestioles de tous les camps.

Éric n’entre pas dans la ferme des animaux.

Marcus Graven

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