Les Américains au fond du puits (et nous sommes en leur compagnie, hélas)

Un proverbe dit de ne jamais descendre au fond d’un puits avec une corde américaine. Sauf qu’en Afghanistan, ce sont les Américains qui sont descendus au fond du puits avec leur propre corde et on voit le résultat.

Corée, Vietnam, Somalie, Irak, Afghanistan, combien de vraies guerres les Américains ont-ils gagnées depuis 1945 ?

Dans Atlantico, Xavier Raufer à travers l’histoire du chauffeur de taxi Mahmoud décrit un des plus gros ratages de la CIA, l’identification du mollah Omar, chef des talibans et de l’État islamique d’Afghanistan de 1996 à 2001. Le portrait vendu très cher à Washington par les Pakistanais n’était pas celui du mollah, ce qui a permis à ce dernier de passer entre les mailles du filet jusqu’à sa mort… de maladie en 2013, mort révélée en 2015 par sa famille.

https://atlantico.fr/article/decryptage/mahmoud—un-des-pires-echecs-de-washington-en-afghanistan-cote-renseignement-xavier-raufer?

Il vivait près d’une base américaine, affirme dans À la recherche d’un ennemi, sa biographe néerlandaise, Bette Dam.

En huit jours, les talibans ont donc reconquis l’Afghanistan. En réalité, ils ne l’avaient jamais perdu.

Un sondage réalisé par le Pew Research Center en 2013 nous apprenait que 99 % des Afghans étaient pour la charia et 85 % pour la lapidation des femmes adultères :

https://www.fdesouche.com/2021/08/17/99-des-afghans-sont-pour-linstauration-de-la-charia-85-dentre-eux-sont-pour-la-lapidation-des-femmes-infideles-revele-une-enquete-dopinion-realisee-en-2017-pew-reasearch/

Pour Matthieu Mabin qui a servi en Afghanistan en tant qu’officier de contact de l’armée afghane, la défaite éclair des Américains – et de l’Occident – est tout sauf une surprise.

Pour lui – et nous nous en doutions – l’armée afghane avait passé depuis longtemps un accord avec les talibans. L’annonce du départ des Américains était le signal. « Les officiers supérieurs de l’armée afghane étaient parfaitement au courant de la date à laquelle allaient arriver les talibans » avance Matthieu Maubin dans Le Télégramme de Brest.

Les Américains ont abandonné aux talibans non seulement le fichier de ceux qui ont collaboré avec eux, mais un stock d’armes et de véhicules impressionnant. On compterait 600 000 armes légères (M16 et M4 et même quelques fusils de snipers), plus de 4 000 blindés légers transport de troupes (type Humvee), une cinquantaine de canons ou mortiers lourds, 60 chars légers, 12 chars lourds.

Quant aux avions ou hélicoptères, les talibans ont mis la main sur au moins deux avions, 24 hélicos et sept drones militaires.

Les États-Unis ont dépensé mille milliards de dollars dans ce conflit perdu d’avance. Ils ont en fait financé les talibans. La plupart des collaborateurs locaux de l’US Army attendaient son départ. L’armée afghane a toujours dialogué avec les islamistes. Matthieu Maubin dit avoir assisté à des combats pendant lesquels l’officier afghan parlait au téléphone avec le chef taleb qui était en face de lui. La plupart des officiers avec des cousins dans le camp d’en face. La présence américaine procurait des fonds à tout le monde : gouverneurs de province, chefs de district, maires, chefs de villages… et tous étaient complices des talibans.

La coalition aurait formé des milliers d’hommes mais ceux-ci ont refusé de combattre dès que les Américains ont dit qu’ils quittaient le pays. L’armée afghane n’a jamais été cimentée par un sentiment national. Chaque Tadjik, chaque Turkmène, chaque Pachtoune fait d’abord allégeance à sa communauté, à sa tribu. Il n’y a pas de nation afghane aux sens où on l’entend encore un peu ce mot en Occident.

Les Américains payaient et ne vérifiaient rien. Le renseignement prenait pour argent comptant tous les mensonges fournis par les services secrets afghans et par le gouvernement de Kaboul, minorait ou augmentait les chiffres avant de les fournir au Pentagone. Celui-ci faisait de même avant de les porter à la Maison Blanche.

« J’ai croisé des colonels afghans qui n’avaient pas vu leur régiment depuis des mois, voire des années », dit Matthieu Mabin. Et pour cause, ces régiments n’existaient pas.

L’armée afghane c’était théoriquement 300 000 hommes dont 50 000 dans les forces spéciales. La guérilla entre 35 et 50 000 talibans. Cherchez l’erreur !

Les armées conventionnelles cumulent les défaites face aux guérillas. Des bergers qui en quelques secondes deviennent des combattants puis dans le même laps de temps redeviennent des bergers ont une nette supériorité sur des soldats ployant sous leur équipement. Parce que dans ces guerres asymétriques, seul le temps compte. Et les talibans le savaient : « Vous, les Américains, vous avez l’heure, et nous, on a le temps

Maintenant ils sont des milliers d’Afghans à forcer les portes de nos villes. La grande majorité est certainement constituée de combattants de l’islam. Regardez les photos de ces prétendus réfugiés : où sont les femmes et les enfants ?

La guerre d’Afghanistan va continuer… sur le sol occidental. Dans nos quartiers, dans nos gares, dans nos centres commerciaux. Merci qui ?

Marcus Graven

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