Accepter le passe, c’est se réjouir de la dictature

Retour des talibans à Kaboul. L’histoire de l’humanité ressemble plus à une longue nuit de tyrannie qu’à une journée cristalline de démocratie. En moins d’un siècle, nous avons eu l’Allemagne nazie, la Russie stalinienne, la Chine maoïste, Cuba sous la férule de Castro, le Chili et l’Argentine dirigés par des généraux tortionnaires, le Cambodge de Pol Pot, les multiples bourreaux africains, l’Iran des mollahs.

Et la France dans tout ça ?

Au fil des semaines et des mois, du moins pour ceux qui osent le geste barrière d’éteindre leur télé, nous avons le sentiment de respirer dans un pays au-dedans ou juste à la limite du règne despotique.

Bien sûr les manipulateurs crient que la dictature ce n’est pas ça.

Pourtant en ces temps de surveillance généralisée, de débarquement policier dans les restaurants, de chasse aux sorcières (Raoult et Fouché en font les frais), cela y ressemble.

La démocratie française se délite sous nos yeux et la majorité des Français fait semblant de croire qu’elle se fortifie. Présenter un QR code, être marqué comme du bétail quand on boit un verre en terrasse ou voyage en TGV est un progrès, sourient-ils derrière leurs masques en micro trottoir. « Le passe sanitaire rend libre ! ».

Les notions de liberté et d’égalité sont devenues des gadgets lexicaux que le pouvoir manie d’une manière très orwellienne.

Mais n’est-ce pas en dénaturant le sens des mots que la tyrannie convertit le peuple à ses méthodes ?

La vie de chacun dépend des décisions qu’il ose prendre.

Entrée ou dessert ? La société n’est pas en danger.

Mais quand des citoyens sont refusés dans les hôpitaux, quand ils sont interdits de bars et de restaurants, de théâtre, de cinéma parce qu’ils s’opposent au passe sanitaire, nous entrons dans un autre domaine.

Accepter la dictature en ayant l’inconsistance de croire comme… (inscrire ici n’importe quel nom de journaleux, de politicards, de philosophes) qu’il s’agit d’une version moderne, soft, de la démocratie ou combattre le monstre qui grossit sous nos yeux, ce n’est plus entrée ou dessert.

Cette pandémie, outre qu’elle nous révèle que politiques, médias et intellectuels sont tous dans le même camp, tous du côté du manche, tous pour le déni de démocratie déguisé en souci pour le collectif, nous montre également que la dictature jouxte le système démocratique.

De la piqûre obligatoire à la désignation fasciste du bouc émissaire, de la ségrégation par le vaccin à l’apartheid sud-africain, de l’ostracisme sanitaire à la mise à l’écart des Juifs, du marquage des vaccinés pour entrer dans un théâtre, un cirque, un wagon au tatouage de sinistre mémoire, il n’y a qu’un pas, et il peut être rapidement effectué.

Jusqu’ici – même si cela était très imparfait – nous avions, dans nos sociétés occidentales – mis l’accent sur la raison au détriment de la force. Argument contre argument avant d’édifier un consensus acceptable.

Macron et l’ensemble des prétendus êtres supérieurs qui s’auto-désignent comme élites saluent l’usage de la force pour faire plier le pays, pour agenouiller les récalcitrants et les piquer. Que ce soit contre les Gilets jaunes, contre ceux qualifiés d’islamophobes, contre ceux qui résistent au passe sanitaire, le régime a recours à la force brute et à celle plus sournoise de la propagande. Mais en aucun cas, il n’est question de débattre sereinement. Les Gilets jaunes comme les anti-passe sanitaire sont des antisémites, des beaufs, des tarés, des incultes, des connards.

De la raison raisonnante, plus question. L’insulte et la schlague.

Tout gouvernement qui a recours à de telles méthodes, même si elles sont devenues par la grâce d’un Conseil constitutionnel servile, des lois, doit être empêché de gouverner. Et les lois qu’il instaure (lois qui nient que les citoyens sont égaux en droits) combattues sans état d’âme. Ce que fait le régime macronien est contraire à ce que nous croyons.

Nul acte n’est aboli une fois commis, nulle parole n’est effacée une fois prononcée. Et ce gouvernement n’est avare ni en actes ni en paroles.

De Sibeth Ndiaye et le port si compliqué du masque (nous étions tous trop cons pour le porter correctement) à Castaner et son « On va vraiment vous pourrir la vie» destiné à ceux qui ne veulent pas du passe sanitaire, des propos d’Élisabeth (sans) Borne (« il ne faut pas laisser croire aux salariés qu’il ne peut pas y avoir de licenciement ») à Véran et sa stratégie de la peur, des vaccinodromes dignes des séries dystopiques de science-fiction aux “reportages” menteurs sur les bûchers funéraires indiens, rien ne sera pardonné.

Renoncer à tout esprit critique, à toute analyse de la situation tout en affirmant haut et fort que ce renoncement est esprit critique et analyse. Accepter d’être surveillé, espionné, contrôlé, fiché en clamant son soutien au régime, c’est se réjouir de la dictature.

Nous sommes encore un tiers dans les sondages à vouloir résister. Pour combien de temps ?

Marcus Graven

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