Le mot « dictature » n’est trop fort

Ils sont venus, ils sont tous autour de Macron. La litanie de ma déception. Utiliser l’étoile jaune et comparer Macron à Hitler et voilà les Goldanel, les Ménard, les Grumberg, les Onfray, ceux pour qui j’avais une certaine tendresse politique qui rejoignent avec armes et bagages le camp du Bien, le camp du vaccin, le camp du passe sanitaire.

On peut lire dans Front Populaire : « Une “ruse de Parmentier” aurait peut-être suffi à le démontrer. Contexte : on dit qu’au XVIIIe siècle, le pharmacien Antoine Augustin Parmentier eut une idée ingénieuse pour faire manger à ses concitoyens une pomme de terre jusqu’alors réservée aux seuls animaux et considérée par le peuple comme toxique. Dans la plaine des Sablons, il fit garder les champs de pommes de terre le jour par des hommes en armes, mais pas la nuit. Comprenant que la denrée devait être rare et précieuse, les paysans se ruèrent la nuit pour en voler et les planter dans leur champ.

Procédons à l’expérience de pensée suivante : de même, si Macron avait déclaré publiquement que le vaccin allait être momentanément interdit pour les Français et réservé aux seuls hauts fonctionnaires d’État, les mêmes qui refusent le vaccin actuellement auraient probablement appelé à manifester pour le droit pour le peuple d’accéder au vaccin, arguant qu’il fallait en finir définitivement avec les privilèges iniques de l’élite… Preuve que la question est ici celle de la confiance et non celle de la validité des sciences dures. »

Autrement dit, pour Front Populaire de Michel Onfray, les opposants aux vaccins sont une bande d’abrutis que l’État aurait dû savoir berner.

Ce virus aura rendu tout le monde fou et les pseudo-vaccins auront rendu complètement dingues ceux que je croyais avoir une certaine consistance idéologique.

Le désert de Gobi paraît maintenant plus peuplé que ma galerie de personnages auxquels j’accordais une certaine importance pour démonter la France construite – notamment à travers la crise sanitaire – par Macron et ses sbires.

Quelle belle bande d’enflures ! ne puis-je m’empêcher de rager.

Comme l’écrit Philippe Landeux : « Menacer les gens — qui ne veulent pas se faire injecter, sans raison, un produit suspect ou qui ne veulent pas avoir à prouver à chaque instant qu’ils ont subi cette injection — de perdre leur emploi et, par suite, leur logement n’est rien moins que détruire leur vie sociale et attenter à leur vie tout court. C’est ce que font les “dictatures”, à la différence que celle-là se croit plus subtile alors qu’elle est seulement plus hypocrite. Le mot “dictature” n’est pas trop fort. Il est celui qui convient. Il traduit le caractère violent d’un régime qui n’a plus rien de la démocratie qu’il prétend être. Tout autre mot atténue sa tyrannie et valide son imposture. Tout autre mot sape la légitimité de la violence que tout citoyen (proscrit injustement par lui) est en droit de lui opposer. La violence n’est peut-être pas le moyen efficace pour renverser ce régime ; elle n’en est pas moins légitime. Peut-on empêcher et surtout reprocher à un homme qui se noie de se débattre ? Du reste, si des manifestations pacifiques ne font infléchir ce gouvernement, si les menaces sont mises à exécution et acculent des milliers voire des millions d’hommes (et de femmes) à la mort, certains se laisseront peut-être mourir, mais beaucoup se battront alors avec la rage du désespoir, au cri de “la Liberté ou la Mort !”. Et il n’est rien de plus dangereux que des hommes qui n’ont plus rien à perdre. »

Peut-être faut-il voir dans ce transvasement idéologique la lutte très française entre liberté et égalité ?

Les Français ne supportent plus la liberté. Elle est leur est odieuse. Ils se savent moutons et veulent que nous le soyons tous.

Qu’est-ce qu’un homme libre ?

Si l’on se réfère à l’abbé Sieyès : « Un homme pleinement libre possède les traits qui étaient jusqu’alors l’apanage de la noblesse ; traité avec les égards dus à son rang, jamais contraint de s’abaisser devant quiconque, il n’est pas prêt à le faire pour satisfaire quelque bas intérêt. »

La liberté, du moins ma conception de la liberté, repose sur l’honneur de ne pas céder aux pressions, de ne pas se soumettre à un personnel politique, sanitaire, médiatique qui me dégoûte, qui ment depuis des mois, qui triche, qui manipule l’opinion.

Face à ces gens-là, reprendre quelques vers de la tirade du “Non, merci” dans Cyrano d’Edmond Rostand, tirade citée par Guillaume Bigot dans son excellent essai Populophobie :

« Et que faudrait-il faire ?

(…) Se changer en bouffon

Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,

Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?

Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?

Avoir un ventre usé par la marche ? Une peau

Qui plus vite, à l’endroit des genoux, devient sale ?

Exécuter des tours de souplesse dorsale ?…

Non, merci. »

Entre la liberté et l’égalité, les Français ont depuis longtemps choisi.

Quand cette dernière ne peut se réaliser dans la liberté, « ils la veulent dans l’esclavage » (Tocqueville). Ceci bien entendu au nom de la sécurité.

Aujourd’hui, ils sont à plus de 70 % pour l’asservissement (passe sanitaire, vaccin, piquouze aux enfants, licenciement des réfractaires). Ainsi nous serons tous égaux avec l’ARN messager dans la peau, sauf les gendarmes, les policiers et les députés, ça va de soi (Ferrand est contre le passe sanitaire à l’Assemblée nationale car celui-ci entraverait la démocratie !).

La propagande gouvernementale, comme toutes les propagandes, notamment celle orchestrée par Goebbels – encore un point Godwin – a pour but de détourner l’attention de la population de ce qui pourrait nuire à la cause défendue. Dans son livre Propagande, la manipulation de masse dans le monde contemporain, David Colon reprend ce qu’écrivit Ellul : « Le but de la propagande moderne n’est plus de modifier les idées, mais de provoquer une action. Ce n’est plus de faire changer d’adhésion à une doctrine, mais d’engager irrationnellement dans un processus actif. Ce n’est plus d’amener à un choix, mais de déclencher des réflexes. Ce n’est plus de transformer une opinion, mais d’obtenir une croyance active et mythique. (…) Le but de cette propagande, c’est d’obtenir un acte de l’individu. »

C’est ainsi que des millions de Français se sont inscrits en quelques heures sur Doctolib pour pouvoir accéder aux vaccinodromes.

En criminalisant la comparaison avec l’étoile jaune portée par les Juifs à partir de 1940, en criaillant sur la caricature de Macron en Hitler petit format, en niant la transformation de l’État français en dictature sanitaire, il s’agit pour ce gouvernement d’annihiler chez ses adversaires toute volonté de combattre et de résister.

Combien de Français ne seront pas dupes ?

Combien vont s’insurger en apprenant qu’un amendement mettant fin au passe sanitaire après l’épidémie a été rejeté ?

Marcus Graven

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