Selon Todd, les thèses zemmouriennes n’intéressent pas les gens

Les résultats des élections régionales ont été une catastrophe pour le RN et cataclysmiques pour LREM.

La droite (LR-UDI) et la gauche (PS-PC-EELV) en sont sorties grandes gagnantes.

LR redevient le premier parti de France.

Un tel résultat ouvre-t-il un boulevard à Zemmour ?

Je ne pense pas.

Dans une interview post-régionale chez Marianne.fr, Emmanuel Todd, bourgeois gaucho votant L.O. et se vantant de son ancienne adhésion au Parti Communiste, voit dans ces élections la preuve que les thématiques de l’immigration, de l’islam et de l’insécurité n’ont pas provoqué d’adhésions à la droite souverainiste.

Il y analyse que la gestion du virus chinois et de ses variants qui a été et demeure d’une nullité désespérante, a en quelque sorte été approuvée, que la diminution de la dépense publique toujours à l’œuvre n’a aucunement sanctionnée, que ni l’euro, ni l’Europe des Nuls, ni l’écologie punitive n’ont été remis en question.

Malgré le ridicule des politicards et des journalistes dont même Drucker en adoubant CNews met en évidence, en creux, la complicité avec le pouvoir, les mêmes ont été reconduits.

Ces élections régionales ont été un sondage – disons plutôt un test – grandeur nature, pas un échantillon d’un millier de personnes comme dans une étude IFOP. Et Zemmour n’a vu aucune de ses priorités surgir comme Zorro de la nuit.

Évidemment, il y a l’abstention. Que nous dit-elle ?

Que les Français ont décidé que la représentation politique n’avait plus aucune importance ? Qu’il est préférable de fuir la réalité tant qu’on le peut encore ?

Que ce sont les vieux qui se sont déplacés par habitude ?

Que « les électeurs ont décidé de ne plus décider »? (Todd)

Mais surtout que les Français n’entrent pas dans le cercle de réflexion zemmourien.

Certes Todd a une vision uniquement économique de la situation. Insécurité, poids de l’immigration, islam, n’intéressent pas les gens, dit-il.

Certes il utilise le nom générique de « gens » avec un sentiment de supériorité intellectuelle qui visiblement le fait jouir. Les gens, chez Todd, sont incapables de quelque chose « d’utile et intelligent ». Ils sont idiots, ridicules, ne voient aucun des problèmes qui arrivent sur nous.

Certes quand il parle du Rassemblement national, il est dans sa bouche, le « ramassis national ».

Mais je suis tenté de le suivre quand il assène qu’aucun des thèmes zemmouriens n’a intéressé les électeurs (surtout que maintenant ils sont repris peu ou prou par tous) et que l’économie a été soigneusement passée sous silence comme l’enfermement pendant des mois de la population, les mensonges sur les masques, les tests, la vaccination.

Les politicards finalement étaient à peu près d’accord sur tout. D’où la reconduite des sortants.

Emmanuel Todd analyse qu’il sera trop tard en 2027, mais que l’élection présidentielle de 2022 ne changera rien à la trajectoire régressive de la France.

Le pays est sous le joug d’une bureaucratie hors contrôle. Ce que d’autres appellent l’État profond. Les politicards sont trop faibles pour tenter d’en reprendre les commandes. Maintenant le combat pour le pouvoir n’a lieu qu’à l’intérieur de cette bureaucratie dominante. La répression policière, la transformation en douceur du pouvoir actuel en État totalitaire n’ont pour but que d’assurer la protection de cette bureaucratie et des hommes qui la représentent comme Darmanin et Le Maire, « des mecs nuls qui nous ont foutu dans une situation impossible ».

C’est pour cela que la démocratie n’existe plus. « C’est comme regarder pour la sixième fois un épisode de Barnaby », dit Todd.

Et Zemmour, là-dedans ?

Todd perçoit les politicards comme de mauvais comédiens et les journalistes politiques comme des critiques de théâtre.

Zemmour ne peut être ni l’un ni l’autre.

Mais je ne perçois guère comment il pourrait trouver un autre rôle.

De plus, non seulement, il aura toute la machine étatique, médiatique, bureaucratique contre lui mais aussi manquera de soutiens financiers.

À la lecture de Populophobie de Guillaume Bigot, on constate que toutes les grandes fortunes du CAC40, les propriétaires de 90 % des médias, ont soutenu Macron.

Sans finances – on parle de millions d’euros – quelle campagne possible ?

Marcus Graven

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