Nouvelle-Calédonie: La leçon oranaise?

La TV israélienne i24news a diffusé un document qui devrait raviver la mémoire des Français et déciller les Calédoniens.

 

 

Depuis le cessez-le-feu (19 mars 1962), le FLN n’était plus sous surveillance de l’armée française. Il règnait en despote sanguinaire : assassinats des harkis, enlèvements des Européens qui traversaient les quartiers musulmans pour se rendre à leur travail, charniers découverts dans la périphérie.

Les Français fuyaient malgré l’assurance gaullienne d’une transition paisible. Le petit peuple se rappelait les tueries qui avaient marqué la fin du Congo belge deux ans plus tôt. Il restait cependant cent mille Européens à Oran. Le général français Katz leur assurait qu’ils étaient en sécurité.

La suite prouva que non.

Et injure suprême à ces morts, Macron qui a la particularité de cracher sur le pays dont il est président – à ce titre, on devrait l’interdire de sortir des frontières qu’il déteste tant – est venu bramer en Algérie que la « colonisation a été un crime contre l’humanité ».

 

Au moment où, à Paris, se négocie l’ultime accord sur la Nouvelle-Calédonie, Calédoniens, rappelez-vous les accords d’Évian, rappelez-vous Oran !

N’ayez aucune confiance dans les promesses que l’État ou les Kanakystes pourraient vous faire ! Cessez d’être crédules !

 

Les pseudo-intellectuels “caldoches” et métropolitains qui soutiennent la cause de l’Indépendance kanake sortent de la même Cloaca Maxima que les intellectuels français qui ont soutenu le FLN algérien.

Hier, là-bas comme ici, aujourd’hui, ce sont les mêmes militants qui prêchent le “oui” à l’indépendance. En 2021, les porteurs de valise du FLN(KS) circulent dans les administrations comme à l’Université de Nouvelle-Calédonie. Sans doute trouvent-ils dans leur “engagement” un sens et une utilité à leur existence médiocre.

 

Au fil d’accords de plus en plus délétères, les Loyalistes (à qui et à quoi finit-on par se demander ?) se sont laissés dépouiller par le Gouvernement français. Ils sont allés jusqu’à accepter le drapeau du FLN(KS) sur la terre française.

 

Les termes “destin commun”, “Terre de parole, terre de partage” sont les mots de la propagande pour faire accepter l’indépendance. Il n’a jamais été question de destin commun dans les têtes kanakystes, jamais question de respect de la parole donnée, jamais question de partage. Les indépendantistes jouent avec ces termes et en ont fait un supplément au vocabulaire orwellien de 1984.

Destin commun, terre de parole, terre de partage ont une signification exactement contraire. Les Kanaks n’envisagent l’indépendance qu’à leur seul bénéfice.

 

L’État français avec toujours la même idéologie débraillée, sans colonne vertébrale, va rater son “expérience” de décolonisation apaisée et prospère en Calédonie. Mais y a-t-il jamais cru ?

 

En face de lui, les leaders loyalistes incapables de s’unir sont dans l’illusion permanente. Pierre Frogier a claqué la porte de Matignon, mais les autres sont restés. Ils négocient. On sait depuis longtemps leur capacité sur ce thème. Elle avoisine le zéro absolu.

Chaque minute que passe la délégation loyaliste aux côtés de Lecornu est une minute de perdue. Ils sont satisfaits de se montrer légalistes avec un État qui ne l’a jamais été, un État qui joue contre eux la légitimité fabriquée des Kanaks. Le jeu est inégal. Ils feraient mieux de quitter la table des négociations après l’avoir renversée et profiter de leur séjour parisien pour créer un foin médiatique et prendre attache avec les oppositions souverainistes.

 

Fin 2021, j’espère que le “non” gagnera (le référendum devrait avoir lieu le 12 décembre de cette année).

Mais d’ici là l’État félon n’aura-t-il pas changé la question posée aux deux premiers référendums pour favoriser une nouvelle formule de consensus bâtard dans laquelle “non” signifiera “oui” : État associé ou État fédéré ?

 

Si le “non” sort vainqueur de ce troisième piège, le temps sera venu pour l’ensemble des votants et des non votants au référendum (les 40 000 citoyens privés de droit de vote) de ne plus se laisser marcher sur les pieds ni par l’État français ni par les Kanaks. Il leur faudra cesser d’être des Bisounours, sortir les griffes, montrer les dents. L’État français et son gouvernement exhibent leur force avec les faibles (pieds- noirs, harkis, Gilets jaunes, Calédoniens) et leur faiblesse avec les forts (FLN algérien et FLNKS).

Aux Loyalistes d’en tirer la leçon.

Sinon Nouméa 2021 pourrait se jumeler avec Oran 1962.

Marcus Graven

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