Mondialisation : de thrombose en thrombose, d’AstraZeneca à Ever Given

La thrombose veineuse est la formation d’un caillot sanguin (thrombus) au sein du réseau veineux. Elle survient généralement au niveau des membres inférieurs, bloquant totalement ou partiellement la circulation sanguine.

Cette fois, la thrombose qui bloque la circulation n’est pas un moment noir du vaccin AstraZeneca, mais un porte-conteneurs, l’Ever Given, construit en Chine pour la société japonaise Shoei Kisen Kaisha, exploité par la compagnie de transport taïwanaise Evergreen Marine Corp. Mais d’une thrombose à l’autre, c’est toujours la perversité de la mondialisation qui en est à l’origine.

L’Evergreen, 400 m de long, 59 de large et autant de haut, 20 000 conteneurs dans les cales et sur le pont, se rendait de Yantian, en Chine, à Rotterdam aux Pays-Bas. Dans la zone sud du canal de Suez, son pilote aurait été surpris par des rafales de vent (de 30 nœuds soit 55 km/h !). Le navire s’est mis en travers, bloquant le passage.

Une explication des plus douteuses.

Avec cet exploit digne du capitaine du Costa Concordia, c’est une des voies maritimes les plus empruntées du monde qui est fermée.

Dégager le porte-conteneur géant pourrait prendre « des jours, voire des semaines », selon le directeur exécutif de Royal Boskalis, maison-mère de la société néerlandaise dont des experts sont sur place.

Des jours, une semaine, un mois : les paris demeurent ouverts.

12 % du trafic mondial passent par Suez. Les dizaines de navires qui devaient le franchir dans les dernières heures sont déroutés par le Cap de Bonne-Espérance. Onze jours supplémentaires de navigation, quelques tonnes de mazout consommées en plus par les moteurs et des chaînes d’approvisionnement en flux soudain détendu. Plus de radiateur pour la bagnole, plus de puce pour la carte bancaire… un cauchemar logistique.

Des navires de plus en plus monstrueux parcourent le monde. Depuis la Chine, la fabrique de la planète, ils emmènent les marchandises de toutes sortes et de toutes qualités en Amérique et en Europe.

Ils sont de plus en plus difficiles à manœuvrer. Lorsqu’ils s’engagent dans le canal de Suez, des pilotes égyptiens prennent le commandement le temps de franchir les 193 kilomètres qui relient la mer Rouge à la mer Méditerranée depuis le creusement du canal par Ferdinand de Lesseps (inauguration de l’ouvrage en 1869).

Que s’est-il réellement passé ?

Erreur divine d’Éole ou erreur humaine ?

Pour le spécialiste en sauvetage maritime Phil Reed : « Il est plus facile d’accuser le vent que de reconnaître une erreur humaine, or, il est surprenant que des vents allant à une vitesse de 30 ou 40 nœuds déportent un navire. Dans ce cas, les alertes de sécurité sur le canal de Suez doivent être améliorées. »

Sabotage météorologique ou islamique ?

L’an passé, 19 000 navires de commerce ont franchi le canal. Le péage qu’ils ont acquitté a rapporté près de 4,74 milliards d’euros à l’Égypte du maréchal al-Sissi.

On peut imaginer que les Frères musulmans ou une autre confrérie terroriste savoure ce blocage qui fait perdre des millions de dollars chaque jour à l’ancienne terre des pharaons.

Pour l’instant le prix du pétrole et donc de notre carburant est peu impacté car si deux millions de barils/jour transitent par cette voie navigable, les réserves stratégiques des pays européens amortissent considérablement les conséquences du blocage. Par contre, vu le nombre de navires qui font des ronds dans l’eau dans la Mer Rouge, cela pourrait donner des idées aux supporteurs d’Allah pour quelques coups d’éclat dans la zone.

Des remorqueurs testent inutilement la puissance de leur moteur. Les spécialistes envisagent le déchargement de l’Ever Given (conteneurs, fioul).

Pour le moment le traitement chirurgical, la thrombo-endartériectomie qui consiste à “gratter” la plaque d’athérome responsable du rétrécissement du calibre de l’artère est assuré par une pelleteuse.

Sauvera-t-elle le patient ?

Marcus Graven

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