Dedans avec Durex, dehors avec Castex

Pour fêter le printemps, le Premier ministre, grand comique troupier, lance un nouveau slogan qu’il espère très pédagogique : “Dedans avec les miens ; dehors en citoyens”.

Il a aussitôt été détourné en “Dedans avec Durex ; dehors avec Castex”.

Il y a un an, nous changions d’époque. Une sorte de percée des Ardennes de la part d’un virus chinois censé demeurer éternellement de l’autre côté d’une nouvelle ligne Maginot qui n’était pas comme la première, une illusion de béton, mais un bourbier de mots.

Agnès Buzyn souriait le 24 janvier 2020 : « En termes de risques pour la France, les analyses de risques d’importation sont modélisées régulièrement par des équipes de recherche. Le risque d’importation de cas depuis Wuhan est modéré, il est maintenant pratiquement nul parce que la ville est isolée. Les risques de cas secondaires autour d’un cas importé sont très faibles, et les risques de propagation du coronavirus sont très faibles ».

Moins de deux mois plus tard, la France entière vivait à l’heure du virus de Wuhan.

Pour fêter cet anniversaire, Castex a décrété un 3e reconfinement. Macron évite le mot et parle de mesures de freinage.

71 % des Français soutiennent ces nouvelles restrictions de leur liberté.

Un pourcentage qui confirme que les révoltes sont quasiment inexistantes en France.

Depuis un an, confinement, couvre-feu, contrôle policier, auto-attestation (“Moi-même autorise moi-même habitant chez moi-même à sortir de chez moi-même”), quarantaine devenue quatorzaine puis semaine, ont investi sans heurt les esprits.

Pour cela, il a suffi au régime d’activer l’impulsion primaire de la menace existentielle, et sauver sa peau est devenue la préoccupation majeure. Plus question d’être regardant sur l’emprisonnement sanitaire. L’utilisation des chiffres a permis à Macron par les voix de Jérôme Salomon, Olivier Véran, Jean Castex de terroriser la population.

Les chiffres ! On peut leur faire dire ce qu’on veut :

https://www.youtube.com/watch?v=9hUwG3M68wg

Une autre explication de la soumission des Français est celle de leur épuisement. Quand il est usé par les emprisonnements successifs, la distanciation physique, l’absence de travail, l’individu ne se met plus en colère. Il croupit au fond de sa geôle mentale et renonce.

Crainte de mourir ? Épuisement ?

Ce sont des explications.

Reste qu’il est difficile de comprendre pourquoi les Français continuent d’accepter un gouvernement qui joue la comédie de l’autorité, soi-disant pour les protéger, sans obtenir aucun résultat sanitaire. Autrement dit la justification de l’autoritarisme à géométrie variable du régime ne tient pas au vu de la situation. Et pourtant la passivité de la population demeure. Elle ne demande pas des comptes à ses dirigeants sur leurs échecs successifs, elle persiste dans une torpeur désespérante face à l’humiliation et l’infantilisation.

Finalement, les Français l’ont, et très profond, “dedans avec Castex” et ne sont pas prêts d’être “dehors sans Castex”.

Et le printemps revient… pour rien?

Marcus Graven

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