Débat Zemmour-Taché : Éric, le dernier des Mohicans ?

Le débat entre Éric Zemmour et Aurélien Taché, vendredi, sur CNews, nous a appris ce que pense le camp du Bien dont Taché est une figure majeure.

Taché a semblé aussi à l’aise dans l’histoire de France que Zemmour, mais en a analysé les événements d’une manière diamétralement opposée.

 

Taché souhaite un monde de paix. Pour lui, seuls les méchants désirent la guerre. Il est un gentil et Zemmour, un méchant.

Dans la version du présent immédiat de Taché, les gentils sont des résistants dans un monde tenu par Zemmour et sa bande. Les gentils combattent le racisme, le sexisme, portent haut l’étendard du féminisme, du communautarisme, du respect de l’Autre et de sa culture, de l’écologie, du décolonialisme… Les méchants, Zemmour en tête, sont des salauds, des admirateurs des pouvoirs autoritaires, du fascisme, de l’esclavage, du colonialisme, du moteur Diesel, des prénoms français, de “nos ancêtres les Gaulois“ et des règles d’orthographe…

 

Aurélien Taché est en totale adéquation avec l’époque woke, immigrationniste, communautariste.

Il ne veut plus de conflit (sauf peut-être contre la fachosphère). En venant affronter le diable Z., il est en mission.

 

Son désir, c’est une France de plus en plus métissée, des livres d’histoire où l’on parlera davantage du Maghreb, de l’Afrique subsaharienne, de l’Asie, du Moyen-Orient que de l’Hexagone. L’empereur malien Kankan Moussa y sera supérieur à Napoléon, la mosquée de Djenné plus belle que la cathédrale de Paris, Olympe de Gouges plus intelligente que Voltaire mais moins qu’Assa Traoré.

Taché symbolise le passage du relativisme – tout se vaut : un battement de tamtam et une symphonie de Mozart, un bariolage guerrier sur un visage et une fresque de Michel-Ange, une hutte et un château Renaissance – à l’absolue supériorité de ce que produit l’Autre. Avec en corollaire, la détestation de tout ce qui fait la France.

C’est un choix. Comme celui de Zemmour d’admirer le pays où il vit.

 

En 1936, Taché aurait prêché le pacifisme, applaudi les Accords de Munich en 1938, peut-être collaboré en 1940. Il aurait été porteur de valises durant la guerre d’Algérie, participé à la rééducation des soldats français prisonniers du Vietminh, discuté à La Havane avec Castro et, au nom de l’humanisme, de la fraternité humaine, vécu cela comme autant d’instants de grandeur.

 

Taché assume sa vision idéologique : une mixité raciale qui ne choque pas un adolescent, un étudiant, un trentenaire ; une histoire où Napoléon, grâce au travail de sape de l’Éducation nationale, est perçu comme raciste, sanguinaire, dictateur, où la Révolution française est celle de la victoire de l’Idéal sur les contingences militaires, où la conversion de Clovis d’où sont nées les racines chrétiennes de notre nation n’a aucune importance ; un pays dans lequel s’appeler Mohammed ou François, c’est pareil.

 

Évidemment, Zemmour pense l’exact contraire.

Évidemment, nous aimerions que la pensée de Zemmour soit celle qui prévaut dans les esprits. Mais est-ce le cas ?

Zemmour, le dernier des Mohicans ?

 

Marcus Graven

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