Endoctrinement, de Marie Limès : mise à jour du bourrage de crâne

Marie Limès, professeur d’histoire-géographie en ZEP, s’amusait à faire des captures d’écran pour matérialiser l’outrance de ce qui se passe en ce début de XXIe siècle : articles de la presse mainstream, déclarations politiques, publicités, tweets, publications Facebook… Un reflet de la pensée de nos prétendues élites. Féminisme, antiracisme, écriture inclusive, surreprésentation d’hommes noirs dans les pubs, appel à la tolérance, à l’ouverture à l’Autre sur France Culture, France Inter, Libération, Le Monde, BFM TV

Les preuves s’accumulaient.

Les voilà réunies en un livre : Endoctrinement (publié aux éditions Ring).

L’ouvrage comporte essentiellement des photographiques de la dégénérescence de notre société, de l’abandon contemporain de toute critique, de toute rigueur intellectuelle.

C’est du brutal. 240 pages sur la manipulation, le décervelage, l’ablation de notre esprit critique, sur l’enfermement doctrinaire que nous concoctent chaque jour les médias, les politicards, les universitaires. « Il ne s’agit plus d’être progressiste, il s’agit de rejeter notre culture, notre identité, notre histoire et jusqu’à notre écriture », écrit Marie Limès en quatrième de couverture.

Endoctrinement ne nous dit pas le déclin de l’Occident mais sa mise à mort.

Une des démonstrations fortes du livre est celle qui met en évidence l’inadéquation voulue entre le sujet et son illustration. Ainsi des croix chrétiennes illustrent un article sur l’augmentation des pratiques religieuses en entreprise et une manifestation catholique, un sondage sur le fait que 78% des Français jugent la laïcité menacée.

Marie Limès montre que les délires de la pensée décoloniale et de la théorie du genre ont transformé notre société en une nef des fous portée par « la marée malsaine de la propagande progressiste militante » (1).

Les tabous du racisme, de l’islamophobie, du sexisme permettent de tout oser dans la déconstruction de notre monde. S’y opposer, c’est aussitôt craindre pour sa tranquillité, son quotidien, voire pour sa vie. « Il faut être extraordinairement solide intellectuellement, mais également totalement indépendant économiquement. Or si l’on peut être solide intellectuellement, personne n’est totalement indépendant économiquement », souligne l’auteur.

L’ouvrage nous apprend à décoder, à analyser, à aiguiser notre regard. Pour Marie Limès, il « témoigne de l’effroyable domination médiatique de la nouvelle idéologie » et veut nous aider à mieux l’identifier, à nous y opposer et à nous en libérer.

J’étais en train de rédiger cette recension quand j’ai lu deux articles de Franceinfoproposés sur le site Fdesouche. Ils sont une illustration de ce que met en évidence Endoctrinement.

Dans le premier (2), Isabelle Labeyrie écrit qu’en Inde, une vingtaine de villes ont été renommées afin de coller au « roman national hindou ».

Elle cite l’exemple d’Allahabad, l’une des plus anciennes villes du pays, dans le sud de l’Uttar Pradesh, devenue Prayagraj… « Tout simplement parce qu’aux yeux du moine fondamentaliste qui dirige ce gigantesque État de 200 millions d’habitants, nous dit la journaliste, Allahabad – aux consonances très islamiques – était une trace un peu trop visible de la conquête musulmane du XIVe siècle. La ville a donc retrouvé le nom hindou qu’elle portait il y a 500 ans, qui signifie en sanscrit “lieu de sacrifice”.

La décision a fait hurler l’opposition, qui dénonce une instrumentalisation de l’Histoire, un message très négatif adressé à la minorité musulmane, reprend avec délectation la journaliste. Mais elle est dans la droite ligne des nationalistes hindous qui sont aux commandes depuis quatre ans. Le très autoritaire Premier ministre Narendra Modi ne cache pas ses objectifs : il veut “se reconnecter” avec “le passé glorieux de l’Inde”, ce qui passe – entre autres – par un effacement de l’héritage islamique. Son parti envisage également de changer le nom d’Agra, la ville qui abrite le célébrissime monument du Taj Mahal. »

Moralité : c’est mal de rebaptiser de noms locaux des villes portant des noms musulmans.

Dans le second article (3), Jacques Deveaux nous informe qu’en Afrique comme partout, « les changements de toponymie ont été des marqueurs de l’histoire, souvent pour la gloire des vainqueurs ». En Afrique du Sud, Port Elizabeth, qui portait le nom de l’épouse du gouverneur du Cap, Sir Rufane Donkin, “fondateur” (remarquons les guillemets – comment peut-on sinon désigner celui qui créa une ville là où il n’y avait rien ?) de la ville en 1820, à l’arrivée de quelques 4 000 migrants britanniques a été débaptisée et devient Gqeberha du nom en langue xhosa d’un des townships (entendre “bidonville”) de la cité.

Le journaliste semble se féliciter de ce changement de nom. « Rebaptiser la ville est une manière d’inscrire le peuple noir dans l’histoire du pays et de rendre leur dignité aux communautés noires. »

Dans la foulée, si Pretoria, la capitale de l’Afrique du Sud, a conservé son nom, la conurbation de près de trois millions d’habitants et treize municipalités créée en 2000 s’appelle Tshwane et Durban appartient à la métropole d’eThekwini. Mais nul doute que Pretoria et Durban porteront bientôt des noms de grands guerriers xhosa.

« En clair, il s’agit d’effacer toutes traces de la colonisation et de revenir à une authenticité africaine des patronymes et toponymes. » Jubilation journalistique.

Moralité : c’est bien de renommer des villes créées par des Blancs.

Conclusion : achetez Endoctrinement, le livre qui, comme Riposte laïque, vous aide à ouvrir les yeux.

Marcus Graven

1- Interview de Marie Limès – sans doute un pseudo – sur le site Breizh-Info

https://www.breizh-info.com/2020/12/19/155758/marie-limes-endoctrinement-medias/

2- https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/en-inde-de-nombreuses-villes-renommees-pour-gommer-les-anciennes-presences-imperialistes_3032395.html

3- https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/societe-africaine/villes-et-pays-continuent-d-etre-rebaptises-en-afrique-afin-d-effacer-le-lien-colonial_4311975.html

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