« Ferme-la, Véran ! »

Paris veut quasiment reconfiner Marseille.

Avec des trémolos dans sa voix de fausset zozotant, Véran, le ministre de la Santé, met en avant qu’un tiers des malades atteints par le virus chinois a moins de 65 ans. Et d’ajouter, dans le panier, quelques enfants de moins de neuf ans.

Mais jamais il ne précise qui sont les malades. Et pour cause, cela mettrait fin à l’affolement des Français, plus proches en ce moment du veau gaullien que du Gaulois réfractaire.

Le virus chinois ne terrasse pas tout le monde. Pour savoir si l’on est atteint ou pas, il faut passer un test. Des milliers de personnes comme Bruno Le Maire ont été envahis par le virus de Wuhan en restant en parfaite santé.

 

Antoine Demonceaux, médecin exerçant en Ehpad, indique que « les facteurs qui concourent à développer une forme grave (causée par un défaut des défenses immunitaires) ou à mal réagir à une inflammation trop importante sont connus :

  • le grand âge ;
  • l’obésité (IMC supérieur à 40) ;
  • les maladies cardiovasculaires ;
  • le diabète ; 
  • les maladies respiratoires chroniques ;
  • les maladies infectieuses mal contrôlées comme le Sida ;
  • les personnes atteintes de cancer en cours de traitement. »

 

L’âge ne fait donc quasiment rien à l’affaire.

Un gamin de 9 ans peut être atteint d’un cancer en cours de traitement.

Une femme de  40 ans peut souffrir d’une obésité morbide.

Un homme de 50 ans peut être insuffisant respiratoire.

Et un vieillard de 92 ans en fin de vie.

 

Véran, pour faire pleurer Margot dans les chaumières, ne donne que l’âge des malades admis à l’hôpital et en réanimation. Si nous avions aussi les facteurs de comorbidité, la France serait moins dans la peur panique. Ceux qui sont fragiles se protégeraient encore davantage et les autres retourneraient à une vie normale.

 

Impossible. La réalité de la crise nous sauterait aux yeux et le gouvernement y laisserait certainement sa peau. Alors les élites – ou supposées telles – nous expliquent par la bouche de la si bien nommée Sibeth que nous souffrons « d’un défaut d’acculturation scientifique » (!) qui ne nous permet pas de saisir la finesse de nos dirigeants. Depuis le début de l’intrusion du virus chinois dans notre quotidien, ils nous disent la vérité. Est-ce leur faute si la vérité est à l’image de la dona, mobile, changeante ?

Tout s’explique. Merci Sibeth.

Sauf que Raoult a de nouveau saboté la machine à bobards.

Dans une lettre à Dominique Rossi, président de la commission médicale de l’AP-HM rendue publique, il accuse ses confrères des hôpitaux marseillais de diffuser des « messages alarmistes ». Pour étayer son propos, il s’appuie sur les chiffres de l’évolution de l’épidémie à Marseille. « Une stabilisation du nombre de cas diagnostiqués, écrit-il, depuis le 6 septembre, avec une diminution régulière du nombre de cas (…) des résidents de Marseille » ; une incidence passée, durant la même période, de 20 % à 5 % des personnes testées ; un nombre de passages en réanimation qui, s’il a augmenté de 34 à 38 en une semaine, ne témoigne « pasd’un flux particulier ». Raoult affirme que de 120 nouveaux patients Covid-19 pris en charge à l’IHU de Marseille début septembre, il n’y en aurait que 70 actuellement. Et dans l’Institut qu’il dirige, le nombre de lits d’hospitalisation vacants est monté de 12 à 15 jeudi 24 septembre.

« Dans ces conditions, assène Raoult, dans son courrier également adressé au directeur de l’agence régionale de santé, Philippe de Mester, et au directeur de l’AP-HM, Jean-Olivier Arnaud, véhiculer des messages de cette nature ne rend service à personne et ne reflète en aucun cas la réalité. »

Il ajoute : « Je suggère que vous sortiez de vos bureaux pour voir un peu ce qui se passe ici, ce qui vous permettra d’avoir une vision un peu plus réaliste et de ne pas devenir de purs technocrates. »

 

Et surprise, Rossi confirme les bons chiffres de Raoult. Il confirme également en creux que la politique du gouvernement est celle du trouillomètre ou de la dictature sanitaire ou celle de vengeances très personnelles.

 

Sur ce, madame le maire d’Aix-en-Provence, Maryse Jissains-Masini, a adressé un judicieux conseil au ministre de la Santé : « Ferme-la, Véran ! ».

Plus d’un Marseillais, et j’espère plus d’un Français, reprendra ces trois mots que même le très imbu de lui-même ministre est capable de comprendre.

« Ferme-la, Véran ! »

Marcus Graven

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